La part de Dieu

Découvrir une ville par ses centres commerciaux est tout à fait fascinant. On y rencontre une population, des habitudes de consommations. Qui rejoint qui ? Qui achète quoi ? Finalement, qui fait vivre la ville ?

Le centre commercial La Part-Dieu à Lyon est une vraie fourmilière. Cinéma, restaurant, boutiques, de quoi y rester une journée entière.
Les magasins de grandes enseignes de middle-class s’alignent les uns après les autres. Ici, la population est relativement jeune. Certains se baladent en couple, d’autres en famille ou entre amis. Rare sont les électrons libres. Ca et là, des groupes sont arrêtés, comme ces quatre hommes qui jouent aux échecs sur les marches, entre les passants, les odeurs de chips et le vendeur de yaourt glacé. Certains s’arrêtent pour observer la partie, le regard au dessus de l’épaule d’un joueur, sac de course à la main. Entre les participants, le dialogue est maigre : un mot qui s’échappe, une main qui se lève, les yeux froncés sur le damier.
Autour de cette bulle de concentration, la vie continue, les passants défilent sur les notes d’une musique lounge ou de la voix d’annonce du centre commercial. Les tickets de caisse s’impriment, en contre bas, la fontaine fait un bruit pas possible qui s’étouffe dans le brouhaha général, fournit de langues différentes.
La part-dieuPlus loin, un homme s’est endormi sur les marches, ivre. Les joueurs d’échecs ne l’ont pas vu, tandis que dehors, la nuit tombe.
Le damier attire de plus en plus de monde. Ils sont amusants ceux qui passaient par là, ont fini par s’arrêter, puis sont désormais assis, louchant sur les épaules. De l’autre côté, les vitres du grand escalier laissent à voir les promeneurs épuisés, assis le temps d’une courte pause, les jambes lourdes et les épaules tombantes. Les groupes de garçons regardent les filles passer, commentent, s’amusent, se mettent au défi.

Il est 18h et deux jeunes femmes dansent à l’étage du bas. Elles attirent les regards mais semblent ne rien voir. Dans un peu plus d’une heure, le centre fermera ses portes, laissant chacun faire sa route. Demain, le même balai pourra recommencer. 

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